Derrière les portes du Refuge, il y a de la vie...

Pour prévenir du vandalisme, le propriétaire du Refuge a fait placer deux résidents temporaires par Camelot. Immersion dans la seconde vie de l’hôpital!

Derrière les portes du Refuge, il y a de la vie...

Pour prévenir du vandalisme, le propriétaire du Refuge a fait placer deux résidents temporaires par Camelot. Immersion dans la seconde vie de l’hôpital!

Si on avait dit il y a un an à Florence qu’elle logerait là où elle est née, elle ne l’aurait jamais cru ! Et pourtant, la demoiselle a bien le Refuge comme toit, en particulier l’étage de la pédiatrie. Deux étages plus bas, au rezdechaussée, un autre jeune homme y loge depuis quatre ans soit depuis le déménagement total au CHM !

Ces deux personnes ne sont pas les fameux réfugiés qui ont défrayé la chronique, voici quelque temps, et encore moins des squatteurs! Ils y sont à la demande du propriétaire qui souhaite qu’il y ait une présence en attendant de trouver une réaffectation de l’ancienne clinique… Il a confié la mission à la société Camelot qui place des résidents temporaires dans divers bâtiments afin de prévenir notamment du vandalisme. 


Un bon plan trouvé par hasard sur Google
Florence est arrivée là au printemps dernier. «Comme ma maison est en travaux et que je ne souhaitais pas retourner dormir chezmamaman car je suis indépendante, j’ai fait une recherche sur Google incluant les critères «Habitation pas chère à Mouscron » et je suis tombée sur Camelot. J’ai envoyé un mail car j’ai vu que la société précisait « Cherche habitant aventureux ». Je me suis dit que ce serait une expérience que tout le monde ne pourrait pas vivre et que ce serait beau à raconter plus tard » sourit notre interlocutrice mouscronnoise qui a décroché un entretien concluant puisqu’elle y est résidente depuis quelques mois.


Cuisine chez les infirmières, douche à la maternité...
Au deuxième étage, au milieu du couloir, elle ouvre une porte où se présente une pièce accueillante scindée en deux : il y a son salon qu’elle a amené. « Par contre, la TV était déjà là lorsque je suis arrivée! » À l’arrière, sa chambre. À côté, une seconde pièce : «C’est la cuisine des infirmières. C’est là que je me prépare à manger en profitant des taques restées. J’ai quand même acheté un four à microondes pour compléter ». Pour se laver, Florence doit descendre d’un étage. Elle se retrouve alors dans un couloir où la peinture rose est reine... « Je vais dans l’une des salles de bain de la maternité où l’eau chaude y est encore. Cela ne me dérange pas de descendre, c’est une question d’habitude! » insiste la demoiselle pour qui il s’agit là du seul inconvénient.


Elle est la curiosité des riverains!
Parce que c’est un peu chez elle quand même, elle passe tout de même un coup de balai dans son couloir. Idem pour l’autre résident. Durant l’entretien, le sourire de Florence est immuable. Dans quel état d’esprit seratelle lorsque ses travaux seront terminés et qu’elle quittera donc l’ancien hôpital ? «Dans un sens, j’ai vraiment envie d’avoir mon chez moi mais d’un autre côté, cela donne une drôle de sensation d’avoir en main les clés de ce grand bâtiment. La drôle de sensation, c’est aussi d’être une curiosité pour les riverains qui me voient parfois entrer ou sortir en se demandant ce que je peux bien y faire! »

Pas question d’y faire une grosse fête !
Se projeter dans la peau d’un résident du Refuge, c’est se dire que ce serait l’occasion de barbecues géants dans le vaste de jardin à l’arrière, de fiestas mémorables… Détrompezvous ! « Les résidents peuvent accueillir quelques personnes mais, audelà de dix, il faut faire une demande. Si c’est pour une fête, ce sera «Non ». Si c’est par contre pour une réception calme comme un vernissage, c’est négociable. Camelot est responsable de chaque bâtiment et si un problème survient, c’est sa réputation qui est en jeu auprès du propriétaire. Ainsi, si la police nous appelle pour dire qu’il y a une fête, c’est fini pour le résident temporaire, insiste Mme Verhezen se chargeant de trouver les « bonnes » personnes cherchant un toit. Tous les mois, nous effectuons un contrôle surprise pour le propriétaire. Ca le rassure de savoir en permanence que tout est en ordre dans son bâtiment. » Que le résident soit là ou pas, le contrôles’effectue. Une carte avec une appréciation est à chaque fois laissée. L’une d’elle est visible dans la cuisine de Florence disant que tout est OK !

Un règlement d’ordre intérieur ainsi qu’un autre sur la prévention en cas d’incendie est aussi affiché dès l’entrée sur le site. Ce concept a aujourd’hui fait ses preuves puisque Camelot Belgique est le prolongement d’une formule née chez nos voisins. «Camelot est né en Hollande en 1990 avant de s’agrandir en étant aussi en Belgique, en Angleterre, en Irlande, en Allemagne ou encore en France. » Il suffit de visiter son site internet pour se rendre compte de la diversité des bâtiments qui sont proposés : de belles villas sur la côte comme dans les bois, un immeuble de bureaux transformé en appartements…

Résidents temporaires : trois sont recherchés
Si deux résidents temporaires habitent au Refuge, cela ne s’avère pas assez au regard de la superficie du site. Dès lors, trois places sont actuellement à pourvoir. Toutefois, tout lemonde ne peut y prétendre comme le détaille Isabel Verhezen, Guardian manager chez Camelot : « Il faut nous fournir les bases comme une copie de la carte d’identité, le certificat de bonne vie et moeurs, prouver qu’on a bien un salaire afin d’être capable de régler le loyer, y vivre seul, affirmer qu’on ne va pas s’y domicilier (qu’on est encore domicilié ailleurs puisqu’on y est bien résident temporaire). Il ne peut pas y avoir d’enfant(s) non plus car un propriétaire à quinze jours pour prévenir que le bâtiment sera réaffecté. Et deux semaines, c’est parfois trop court pour trouver autre chose lorsqu’on a un enfant…

Si ces critères vous correspondent, sachez alors que le loyer qui vous sera réclamé sera de 234,50 € pour plusieurs espaces restant à définir. L’eau, le gaz et l’électricité sont compris ! « Je ne dois pas m’embêter avec les factures : je paie juste les 234,50 € à Camelot qui se charge de régler de son côté les factures » résume Florence. Si vous pensez donc avoir le profil du « résident aventureux », voilà peutêtre l’opportunité d’une sacrée expérience de vie !

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